Cette année, j’ai montré une grande porte de trois mètres en styropore recyclé où j’ai peint la nativité dans un style rupestre. L’approche archaïsante invite à un voyage dans le temps. Le message de la paix que nous aimons tant à Noël a toujours été d’actualité. Moïse déjà proposait des relations douces et les hommes de la préhistoire ont dû se rendre compte qu’ils vivaient mieux s’ils cultivaient l’entente.

S’entendre, c’est favoriser ce qu’on a de commun. Dans cet esprit, les jambes des Bergers en marche forment des croisées qui saluent l’Enfant emmailloté dans ses langes. Des croisées se répandent d’ailleurs sur toute la scène et tissent un réseau de signes communs à l’image de nos besoins de base qui nous lient.

S’il est facile de voir les Bergers accourir de tous les côtés, les personnages de gauche nous intriguent. Celui qui offre une pièce d’or, ou l’autre qui fait la référence serait peut-être un Roi. Mais le troisième reste mystérieux. Oublions leur aspect inhabituel et apprécions leur effort de soutenir l’harmonie de l’ensemble !

La porte ? En l’entrouvrant, elle divise la scène comme nous divisons la vie si nous lui mettons la mort en opposition. Est-il convenable d’aborder le sujet à Noël ? Ou bien au contraire, est-il une erreur de le refouler ? De toute façon, il suffit d’adopter le bon point de vue, deux pas à gauche de l’ouverture, pour voir la scène intacte, le lit de l’Enfant servant de pont.

L’image soudée, la porte fermée, on ne voit pas ce qui a derrière. Voudrions-nous le savoir ? De ce côté-ci, nous avons le privilège de pouvoir prendre la vie en main en tissant des relations équitables en piliers de la paix. En face de ce plaisir créatif, l’éphémère, toujours gardé à l’esprit, confère une urgence, tout en passant à un acceptable second rang…

La joie de Noël, augmentée d’une vue large sur le passé, l’avenir et l’actualité.

Décembre 2016

Création et texte : Jörg Kiszio